La Bourgogne exposée :
La Bourgogne détient une centaine d'appellations, souvent de la taille d'un champ et parfois propriété d'un seul producteur. Deux grands cépages, le chardonnay et le pinot noir s'y expriment. Le
gamay et l'aligoté complètent cette gamme sur quatre niveaux : appellation régionale, village, premier cru, grand cru. Situation géographique, caractéristiques des cépages et importance du
terroir en font une région viticole particulièrement exposée aux impacts des changements climatiques.
Le réchauffement entraîne des vendanges précoces et favorise à court terme les bons millésimes. Cependant, comme en 2003, une possible remise en cause de la typicité du vin, de la répartition géographique, voire de la hiérarchie qualitative de ces vignobles est envisagée.
Perturbation de la singularité du vin
Les changements climatiques peuvent entraîner un excès de sucre et un défaut d'acidité sur le vin. Le goût de certains vins rouges (pinot noir) de la Côte de Beaune se rapproche parfois de celui des
vins des Côtes du Rhône.
Productivité vs qualité
D'une manière générale, les changements climatiques, en dehors des pics de chaleur extrêmes, peuvent augmenter la productivité des vignes. Néanmoins, ce rendement à la hausse peut générer des risques
majeurs pour la qualité et faire perdre aux grands vins français leur élégance et spécificité.
Le pinot noir condamné ?
Le pinot noir serait particulièrement touché par les changements climatiques. En effet, d'après Pichery et Bourdon : « le pinot noir est à sa limite d'adaptation pour produire des vins fins
et élégants en Bourgogne et/ou des vins de garde ; il a peu de chances de s'adapter sur le terroir traditionnel sur lequel il est actuellement planté et de révéler l'ensemble de ses
caractéristiques et de sa complexité aromatiques en cas d'accroissement durable des températures ». Les récents travaux de modélisation viticole effectués par Garcia de Cortazar Atauri valident
ces premières tendances lourdes, qui « pourraient aboutir à une élimination du pinot noir sur la Côte de Beaune, et à son remplacement par d'autres cépages ».
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