Bien qu’il s’agisse probablement du plus vieux vin de l’histoire, les rosés étaient jusqu’à une époque récente perçus comme des vins fruités, de structure légère et qui se boivent frais, voire noyés avec des glaçons !
Il n’en reste pas moins vrai qu’ils peuvent être de grande classe.
Le fait est qu’on ne leur a pas toujours apporté les soins nécessaires, mais de surcroît on leur a rarement réservé les meilleures vendanges ... Ce type de vinification était recommandé pour éviter certains défauts des raisins noirs manquant de maturité, atteints de pourriture, possédant une saveur désagréable ou encore pour obtenir un vin rouge plus concentré.
Cette citation extraite d’un ouvrage récent résume à elle seule le statut dans lequel le vin rosé a été longtemps enfermé : "vin secondaire, élaboré par défaut, sans grande technicité et indigne de l’intérêt de l’œnologue"
Graves propos pour les amateurs perçus comme paradoxaux au regard de l’importance historique de ce type de vinification. Heureusement, l’engouement des consommateurs a progressivement permis de réviser cette perception que l’on peut considérer maintenant comme complètement obsolète.
Aujourd’hui et depuis déjà de nombreuses années, c’est une méthode de vinification à part entière qui est élaborée et qui permet à toutes régions viticoles de proposer des vins rosés de qualité supérieure exprimant leur caractéristiques de terroir.
S’ils conservent leur caractère frais et fruité, ils disposent d’une véritable complexité aromatique, d’un bel équilibre entre sucre et acidité et n'ont certainement plus besoin d’être noyé avec des glaçons ! Bien au contraire, pour en apprécier toutes les qualités organoleptiques, il est recommandé de les servir à bonne température et de les tester sur des accords mets/vins ... surprenants !