Dans un article daté du lundi 11 octobre, le quotidien suisse Le Matin (lematin@edipresse.ch) indique en titre "Les bienfaits d'un vin, ça se mesure". L'auteur signale la création d'un appareil destiné à mesurer le taux d'antioxydants dans le vin. Autrement dit, comment simplifier les analyses faites depuis longtemps par les divers centres d'études sur le vin et la santé? Bravo à l'initiative issue d'une start-up de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. On ne recule jamais devant un progrès positif et utile.
Toutefois, un bémol dans cet article. En effet le concepteur d'Edelvin, l'appareil dont on vante les mérites propose un label sous forme de médailles d'or, d'argent ou de bronze selon la qualité des résultats.
C'est aller vite en besogne, un label de plus participera à la confusion qui règne déjà à ce sujet. Le vin et la santé, thème abordé depuis longtemps, est certes une approche indispensable, mais de là à se diriger vers une option médicamenteuse, on se trompe de cible.
Si le vin contient des matières comme le Resvératrol, utiles pour le système cardio-vasculaire, il est aussi vecteur de valeurs liées au bien-être psychique. Ainsi, à doses raisonnées, il contribue à notre bien-être par ses évocations culturelles, gustatives et pourquoi pas sociales.
Recevons la nouvelle technique comme un point positif, sur le plan scientifique, mais n'oublions pas que d'isoler le vin en lui attribuant une valeur de type médicamenteuse, c'est contribuer à l'éloigner du consommateur hédoniste et qui n'est pas un malade qui s'ignore...
Yves Paquier