A quelques semaines des élections présidentielles, la CNAOC a interrogé les candidats à l’élection présidentielle.
3 questions leur ont été posées sur des thématiques importantes pour la viticulture française : PAC et droits de plantation, politique de santé publique, commerce et économie.
François Bayrou - Mouvement Démocrate (MODEM)
Faire disparaître le droit de plantation c’est immédiatement augmenter sans contrôle les quantités de vin sur le marché, avec une baisse concomitante de la qualité et des prix. Cette décision de la Commission est donc une erreur absolue.
Je constate d’ailleurs qu’elle est fortement contestée au sen de l’Union européenne par treize pays. Je prends donc acte avec bon espoir de la récente proposition du Commissaire européen à l’agriculture, de mettre en place un groupe de réflexion sur la viticulture.
Mais si, au terme de cette réflexion, cette décision devait être maintenue, il faudra se battre.
François Hollande – Parti Socialiste
Cette réforme sacrifie notre modèle viticole, pourtant exemplaire. Il faut se battre pour inscrire les droits de plantation comme une règle pérenne de la PAC.
Le groupe de haut niveau mis en place par Dacian Ciolos est une avancée. 14 Etats souhaitent le maintien de ces droits de plantation.
Ce n’est pas suffisant mais des pays comme la Bulgarie pourront constituer des alliés dans cette bataille contre la dérégulation du secteur.
Eva Joly - Europe Ecologie/Les Verts.
Je suis partisane d’une viticulture de qualité, paysanne, bio, sur de petites et moyennes exploitations harmonieusement réparties sur le territoire.
Si je veux permettre à ce modèle viticole durable de se développer, je suis contre la dérégulation totale prônée au niveau européen : elle pourrait engendrer une augmentation de plus de 30% des surfaces viticoles françaises, avec comme impact une baisse immédiate de la qualité, des prix tirés vers le bas et une chute inacceptable du revenu des producteurs.
Cette libéralisation absolue serait le triomphe d’un modèle viticole, basé sur de grandes vignes de plaine irriguées, qui constitue une impasse culturelle et sanitaire.
Jean-Luc Mélenchon - Front de Gauche/Parti Communiste Français
La France a manqué de vigilance sur cette question en 2008 puisque cet abandon sur proposition de la commission à été accepté par Michel Barnier, lorsque Nicolas Sarkozy présidait l'Union Européenne au cours du second semestre 2008.
Aujourd'hui, 13 pays sur 27, tous producteurs de vins, dont l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne font la demande de maintenir les droits de plantations.
Le PCF l'a exprimé dernièrement à la rencontre des viticulteurs du Languedoc-Roussillon, il faut maintenir cet outil de régulation de la production de vins et de défense de la qualité par la sélection du terroir.
La suppression des droits de plantations signifierait à terme : libéralisation, concentration, délocalisation aux mains de multinationales du vin. Nous le refusons. Avec le Front de Gauche, nous porterons cette exigence auprès de nos partenaires Européens.